Mon Ethiopie

13 novembre 2019 / Voyages / 1 Comment /

En octobre, je suis parti presque 3 semaines en Ethiopie.
L’Ethiopie me faisait de l’œil depuis quelques années, je savais que le pays se faisait plutôt bien seul en itinérance avec les transports locaux. Un ami, Charles, revenu d’Ethiopie au printemps dernier m’a convaincu d’en faire ma destination de l’automne : il m’a bien briefé.

Je dois tout de suite vous partager que c’est la première fois que je vais dans un pays en ayant vu autant de paysages variés dans un espace aussi restreint ! Vous passez de la dépression du Danakil à -160m sous le niveau de la mer (un désert, et aussi l’endroit le plus chaud du globe de manière régulière) aux montagnes du Simiens qui culminent à plus de 4000m dans un décor andin et où il gèle, en moins de 400km à vol d’oiseau, en passant par des paysages de Far West de pitons rocheux entre temps. Et bien sûr, ces paysages sont juste époustouflants !

La voici en 3’15!

Zou ! (comme d’habitude, idéal en plein écran et son à fond!)

Ethiopia ’19 from Maxime // Menilmonde on Vimeo.

Mon voyage s’est construit au fil de l’eau, au gré des rencontres et des informations glanées. J’avais bien 2-3 incontournables à voir, mais je ne savais pas dans quel ordre les aborder.
J’étais 18 jours sur place, donc il ne fallait pas perdre trop de temps, car les liaisons entre les sites peuvent être longues et éprouvantes car les routes et les bus locaux ne sont pas des plus performants…

L’itinéraire

Je suis resté dans la partie nord de l’Ethiopie (qui est d’ailleurs la plus safe aussi).

Mon itinéraire : Addis > Mekele > Dallol > Gheralta > Adi Arkay > Gondar > Lalibela > Addis

Le Drone en Ethiopie

Mais mon principal stress était surtout … de faire entrer le drone ! C’est très con, mais quand t’es vidéaste, c’est important, car ça habille une vidéo!
Car auparavant, il n’était mentionné nulle part que les drones étaient interdits. Ni autorisés. J’ai tout de même lu des feedbacks de droneurs qui se sont fait confisquer leur appareil par des douaniers zélés.

Alors oui, j’avais un billet vert dans la poche au cas où, mais c’est aussi prendre le risque que le douanier se sente soudoyé… bref, le serpent qui se mord la queue.

J’ai donc voyagé avec mon Mavic en bagage en soute et non en cabine avec moi, j’ai ainsi pu passer tous les filtres sans aucun souci, même avec mes 2 vols domestiques.



Mekele : le Danakil, Dallol et le volcan Erta Ale

Je suis arrivé à la fraiche le matin à Addis Abeba, et j’ai pris directement un vol pour Mekele au nord : passer du temps à Addis ne m’attirait pas plus que ça, j’avais envie de grands espaces.

De Mekele, j’ai pu organiser sur place un tour pour 3 jours pour voir la Dépression du Danakil (-160m sous le niveau de la mer) et le fameux site de Dallol, un salar et le volcan Erta Ale, en activité constante depuis plusieurs décennies.

Avant d’arriver à Dallol, rouler sur un salar inondé aux premières lueurs de l’aube est surréel

Dallol (zone jaune) est à quelques kilomètres de la frontière avec l’Erythrée, qui est classée zone rouge tout le long sur 5km par le ministère des affaires étrangères : nous sommes accompagnés d’hommes armés pour notre sécurité. Il est d’ailleurs interdit de se rendre dans la région par ses propres moyens : il faut donc passer via une agence, qui est aussi un gage de sécurité.

Dallol : on se croit sur une autre planète
Un mélange d’eau à 70-80° et d’acides

La visites du volcan Erta Ale se fait aussi avec des hommes armés.

Pratique : je suis passé par ETT (Ethiopian Travel Tour) qui demandera 300$ pour les 3 jours. Ca peut être négociable, en fonction de la saison, et si vous prenez d’autres tours avec eux par exemple.

Prendre une carte SIM locale facilite vraiment le voyage, pour rester en contact avec les agences, chercher des infos, et partager aussi. Au total, 2Go de data et la carte me sont revenus à 9€.

Juste, l’organisation était parfaite, et le guide Enok (je file son numéro si vous voulez) est super. Tout comme le groupe avec qui j’étais, il y avait du Brésil, de la Belgique, des US, du Japon, du UK (avec de jolies UK d’ailleurs l’américain était un jeune brillant astrophysicien…).

3 jours avec cette joyeuse troupe cosmopolite, mais comme si on avait passé 15 jours ensemble!

Je recommande la Parrot GuestHouse à Mekele : la meilleure guesthouse de toute l’Ethiopie selon un furieux routard Allemand qui voyageait dans toute l’Afrique…

le jardin de la Parrot GuestHouse à Mekele

Eglises du Gheralta

 

De Mekele, j’ai rejoint ensuite le massif du Gheralta, des montagnes posées au milieu d’un décor de Far West et qui cachent et abritent des églises en leurs sommets creusées directement dans la montagne : impressionnant ! Et surtout vertigineux ! Adepte du vertige, je me suis fait violence par moment… et j’ai même pas pu escalader sur 7-8 un pan de montagne pour accéder à une église cachée.. (c’était Abuna Yemata). Bref, ce sont des paysages fous !

 

Pratique : j’ai pris les transports de Mekele à Hawzen, dormi au Vision Hotel, et un gars est venu me voir pour me proposer une rando dans les montagnes : je suis passé de 100$ à 60$ pour la journée, ils ne perdent pas le nord dès qu’il s’agît de pognon.

Au même endroit, j’ai aussi réservé 2 jours un conducteur privé entre Axoum et Debark et organisé 3 jours de trek dans les montagnes du Simien. Le tout pour 350$ (le gars avait commencé à 600€)… bref, ce qu’il faut retenir c’est que toutes les agences sont connectées les unes aux autres, et ils s’arrangent toujours pour faire leur business. Et il faut toujours négocier !

Cette église est directement creusée dans la montagne.

Adi Arkay

 

Durant les 2 jours avec mes chauffeurs, je stoppe à Adi Arkay, y passe l’après-midi et la nuit. Un autre chauffeur devait me prendre le lendemain matin : il faut leur faire confiance…

 

Adi Arkay n’est pas une zone touristique, mais 2 semaines avant de partir en Ethiopie, je suis allé au festival de « globe-trotteurs » organisé par ABM à Massy, et y passait un docu (très bien réalisé) sur 3 semaines de marche en Ethiopie pour rejoindre Lalibela (la ville sainte) pour Noël. Et leur marche débutait à Adi Arkay, et en voyant les premières images, j’ai eu un coup de foudre pour le paysage autour de ce village.

Je ne vais pas m’étendre sur la nuit passée là-bas, dans un hôtel avec douche et WC communs plutôt… sordides, mais j’y ai fait une étonnante rencontre : un jeune de 15 ans me rejoint durant mon déjeuner, et s’installe à côté de moi.

Son regard est profond et il s’exprime dans un anglais parfait, avec énormément de vocabulaire, je suis impressionné. Il commence à me parler du Prophète de Khalil Gibran (il faut savoir que je suis parti là-bas avec 1 seul livre : la Prophétie des Andes, et j’avais hésité entre celui-ci et Le Prophète justement). Et puis il me parle aussi de Krishnamurti (j’ai un de ses livres) et de Osho (que je connais juste de nom). A ce moment-là, je suis un peu bouche-bée quand j’écoute ce jeune de 15 ans… Jusqu’au moment où il me pose une question « What is the most important for you : knowledge or wisdom ? ». Je le regarde alors avec de grands yeux complètement éberlué, à me demander pourquoi j’ai une telle conversation avec un jeune de 15 ans dans un village paumé d’Ethiopie, qui s’exprime dans un anglais bien meilleur que le mien, et qui me pose la question si le Savoir est plus important que la Sagesse, et qui a envie de connaître ma philosophie de vie… alors que je suis en train de manger mon shiro (plat local avec une crêpe qu’on mange avec les mains).

Le déjeuner terminé, comme nous étions samedi, je décide d’aller voir marché : il m’accompagne. A ce moment, je me dis qu’il me demandera peut-être un tip pour m’avoir accompagné. Il n’en sera rien en fait : plus tard, je commence à sortir mon matériel video, le trepied. Il me regarde avec de grands yeux, je commence à filmer,  puis me tourne vers lui : il avait disparu!

Improbable.

Et surtout le genre de rencontre qu’on n’oublie pas.

 

Ici, les interactions avec les enfants et les gens ont été les plus fortes, et dans un décor grandiose.

 

Pratique : Hotel Tekeze (seul hôtel du village), personnel très gentil et nourriture très bonne, chambre spartiate et communs très spartiates.. mais pour 5€ la nuit.

Asseyez-vous à une table, et mon petit jeune érudit de 15 ans viendra peut-être vous voir et vous demander quel sens vous donnez à votre vie… 

 

Montagnes du Simiens

 

D’Adi Arkay, un chauffeur m’emmène à Debark, d’où je partirai pour 3 jours de trek dans les montagnes du Simiens, classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

 

La montée vers Debark est merveilleuse, on est dans un paysage de type Andin avec des forêts verdoyantes : je ne regrette pas d’avoir pris un chauffeur privé pour cette route, on s’arrête ou je le souhaite pour filmer. La connexion se fait encore avec l’agence qui m’emmènera en montagne, sans que je ne voie les personnes de l’agence.

Ce seront 3 jours de rando exceptionnelle, de 3500m à 4000m, à raison de 6 à 7h  de marche par jour. Je ne cache pas que j’ai un peu souffert avec le matériel photo/video sur le dos et le dénivelé… heureusement que je ne fume plus ;- )

Ce sont des « Wahou » tout au long des 3 jours, avec un groupe très sympathique, à dominante espagnole cette fois-ci (Espagne + Uruguay).

 

Attention, les drones y sont interdits sauf si vous avez une autorisation écrite… Les caméras HD aussi étaient interdites : ça tombait bien, la mienne n’est pas HD mais 4K ahaha ;- ) Entre nous, c’est vraiment ridicule ces restrictions, puisqu’aujourd’hui même les téléphones portables filment en 4k avec une excellente stabilisation…

 

Gondar

 

Je rejoins Gondar en transports publics. Gondar était pour moi une étape pour rejoindre Lalibela : en théorie, les tours pour les treks dans le Simiens s’organisent à partir de Gondar. J’ai donc fait la chose à l’envers.

Néanmoins, il y a un très bel ensemble à visiter, le château et ses vestiges. Château qui est aussi interdit aux drones, moyennant une grosse somme. Les caméras HD sont aussi interdites, moyennant de l’argent, encore.

 

Et des églises aussi à voir.

Mais c’est de Gondar que je devais rejoindre Lalibela, et je me ferais avoir par un gars dans la rue qui me vendait un ticket de bus : on ne peut pas faire confiance à tout le monde finalement… Je galérerai donc une journée entière dans les transports, balloté de van en van, à me retrouver parfois dans des gares routières un peu étranges où les yeux me regardant expriment clairement un « mais qu’est-ce qu’il fout là celui-là »!

 

Lalibela

 

Je passe mes 4 derniers jours à Lalibela, c’est un peu comme si c’était ma destination de repos après 15 jours à crapahuter et sans se poser. Lalibela était donc le lieu idéal. J’avais aussi un hôtel avec une vue, donc je réussirais à avoir une chambre « luxe » au RedRock Hotel avec terrasse privative sur la vallée, le tout pour 30$ au lieu de 45 (j’ai pu négocier car je restais 4 nuits).

Chambre vue! C'etait quand même plus agréables que d'autres auberges un peu miteuses... :- )

Chambre avec vue! C’etait quand même plus agréable que d’autres auberges un peu miteuses… :- )

Lalibela est avant tout une ville sainte d’Ethiopie pour les chrétiens orthodoxes (le pays est constitué de 50% de chrétiens orthodoxes) : il y a 800 ans, voyant que Jerusalem était occupée par les musulmans, les pèlerins ont décidé de créer leur Jérusalem locale, ils ont donc entrepris de creuser la montagne et construire des églises directement dans la roche. Ce qu’ils ont fait est tout simplement extraordinaire !

Il y a quand même une chose qui ne m’a pas plu du tout : le touriste paie 50$ pour pouvoir visiter les 11 églises. L’accès à ces églises est bien sûr gratuit pour les locaux… Admettons.. Mais quand vous entrez dans les églises, vous êtes tout de suite happé par des guides qui se proposent de vous accompagner, et pour 15€. C’est un peu du foutage de gueule, car dans les 50$, ils pourraient inclure un guide quand même. Et si on refuse le guide, on est mal vu… bref, c’était le coup de gueule, qui arrive à la fin du séjour quand on vous a pris durant 3 semaines pour un portefeuille sur pattes ahaha :D Mais bon, c’est le jeu.

 

Bref, ça reste très beau quoi qu’il en soit.

 




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